Le forum des affaires algéro-indien consacré à l’industrie pharmaceutique, organisé jeudi dernier à Alger par le ministère de l’Industrie pharmaceutique en collaboration avec l’ambassade de l’Inde, marque une étape majeure dans la construction d’un avenir plus souverain et plus intégré pour le secteur pharmaceutique algérien. Cet événement, premier du genre à cette échelle, n’a pas seulement réuni des acteurs économiques des deux pays ; il a surtout posé les bases concrètes d’un partenariat stratégique appelé à transformer durablement le paysage industriel et sanitaire national.
La participation de 65 opérateurs économiques indiens et de 80 opérateurs algériens spécialisés dans la fabrication de médicaments et de dispositifs médicaux témoigne de l’intérêt mutuel pour une coopération structurée et orientée vers des résultats concrets. Ce niveau de représentation illustre la volonté partagée de dépasser le simple échange commercial pour aller vers des partenariats industriels solides, fondés sur la complémentarité des compétences et des capacités.
Dans le message du ministre de l’Industrie pharmaceutique, le docteur Wassim Kouidri, lu en son nom par son conseiller Younes Bouarara, l’accent a été mis sur la portée stratégique de cette rencontre. Le ministre a rappelé que ce forum s’inscrit dans la dynamique impulsée par les plus hautes autorités des deux pays, visant à renforcer les relations économiques bilatérales dans des secteurs à forte valeur ajoutée. Le choix de l’industrie pharmaceutique n’est pas anodin : il s’agit d’un pilier central de la souveraineté nationale et de la sécurité sanitaire.
L’Inde, aujourd’hui reconnue mondialement comme la « pharmacie du monde », dispose d’une expertise éprouvée dans la production de médicaments génériques, de vaccins et, surtout, de principes actifs pharmaceutiques. Face aux bouleversements des chaînes d’approvisionnement mondiales observés ces dernières années, l’Algérie a fait du développement local de ces composants stratégiques un objectif national prioritaire. Le forum a ainsi mis en lumière l’importance du savoir-faire indien comme levier pour accélérer cette transition vers une production plus intégrée et moins dépendante de l’importation.
Parallèlement, le ministre a souligné les avancées significatives réalisées par l’Algérie dans le domaine de la fabrication de médicaments. Le niveau atteint par l’industrie pharmaceutique nationale lui permet aujourd’hui de prétendre au statut de pôle régional de production et d’exportation, notamment vers les marchés africains et arabes. Dans cette perspective, le partenariat avec l’Inde apparaît comme un catalyseur de croissance, capable de renforcer la compétitivité des entreprises algériennes grâce au transfert de technologies, à la montée en compétence des ressources humaines et à l’amélioration de la valeur ajoutée locale.
L’événement a également envoyé un signal fort aux investisseurs étrangers : le marché algérien est ouvert, structuré et porteur d’opportunités réelles. Le soutien affiché du ministère à toutes les initiatives favorisant la coopération industrielle, en particulier dans les domaines du transfert de technologie et de la formation, traduit une vision claire : faire de l’industrie pharmaceutique un moteur de diversification économique et un pilier de la souveraineté nationale.
Les rencontres B2B organisées en marge du forum ont donné une dimension opérationnelle à cette ambition. Elles ont permis aux opérateurs des deux pays d’explorer des projets concrets de partenariat, qu’il s’agisse de production conjointe de médicaments, de fabrication de dispositifs médicaux ou de développement local de matières premières pharmaceutiques. Ces échanges directs constituent souvent le point de départ d’investissements structurants et durables.
En définitive, le forum algéro-indien de l’industrie pharmaceutique dépasse le cadre d’un simple événement économique. Il s’impose comme un jalon stratégique dans la construction d’une industrie pharmaceutique algérienne plus autonome, plus innovante et mieux intégrée aux chaînes de valeur internationales. En s’alliant à un acteur majeur comme l’Inde, l’Algérie affirme sa volonté de sécuriser son approvisionnement en médicaments, de renforcer sa souveraineté sanitaire et de se positionner comme un acteur régional incontournable dans ce secteur vital.
Nouhad Ourebzani
