Un virus apparemment inoffensif pourrait jouer un rôle clé dans la maladie de Parkinson

Des chercheurs américains viennent de mettre en lumière une piste inattendue dans la compréhension de la maladie de Parkinson : l’implication possible d’un virus humain longtemps considéré comme inoffensif. Selon une étude publiée dans JCI Insight, la présence du pegivirus humain (HPgV) pourrait modifier profondément le système immunitaire des patients atteints de Parkinson, à la fois dans le sang et dans le cerveau.

Le pegivirus, anciennement appelé virus GB-C, est un virus de la famille des flavivirus, présent chez des millions de personnes dans le monde. Il est considéré comme non pathogène, c’est-à-dire sans effet connu sur la santé humaine. Pourtant, les chercheurs du Massachusetts General Hospital et de la Harvard Medical School ont découvert que sa présence chez certains patients parkinsoniens était associée à des altérations notables de leur profil immunitaire et transcriptomique (c’est-à-dire au niveau de l’expression des gènes).

Concrètement, les scientifiques ont analysé des échantillons de sang et de tissus cérébraux post-mortem provenant de patients atteints de Parkinson. Résultat : chez les individus porteurs du pegivirus, l’expression de centaines de gènes liés au système immunitaire était significativement modifiée, comparée à celle des patients non porteurs. Des modifications similaires ont également été observées dans des régions du cerveau étroitement impliquées dans la maladie.

L’étude suggère ainsi que, loin d’être anodin, le pegivirus pourrait influencer la progression ou la sévérité de la maladie de Parkinson en perturbant les réponses immunitaires centrales et périphériques. Si un lien de causalité direct n’est pas encore établi, les chercheurs estiment que ce virus pourrait agir comme un modulateur ou un cofacteur de la maladie.

Ce n’est pas la première fois que l’on suspecte un rôle du système immunitaire – et même des infections virales – dans le développement de pathologies neurodégénératives. Mais cette étude renforce l’idée que des agents infectieux a priori bénins pourraient jouer un rôle subtil mais profond dans des maladies complexes comme Parkinson.

Pour les auteurs, ces résultats ouvrent de nouvelles pistes de recherche : non seulement pour mieux comprendre les mécanismes immunitaires à l’œuvre, mais aussi pour envisager de nouveaux outils diagnostiques ou thérapeutiques, fondés sur la présence de virus latents ou chroniques dans l’organisme.

Alors que la maladie de Parkinson touche plus de 10 millions de personnes dans le monde et que ses causes exactes restent encore floues, cette découverte offre un regard inédit sur les interactions entre virus, immunité et cerveau. Un domaine de recherche en pleine effervescence.

Amina Azoune

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