Une étude publiée dans Cell sous le titre « A nucleosome switch primes hepatitis B virus infection » révèle un mécanisme fondamental jusque-là méconnu du virus de l’hépatite B (VHB), ouvrant de nouvelles perspectives thérapeutiques contre cette infection chronique qui menace des millions de personnes à travers le monde.
Le VHB est responsable de complications graves, allant de la cirrhose au carcinome hépatocellulaire, et sa capacité à établir une infection persistante repose sur la formation d’un minichromosome dans le noyau des cellules hépatiques. Ce dernier, composé de l’ADN viral circulaire fermé de manière covalente (cccDNA) et de protéines histones de l’hôte, joue un rôle central dans le cycle de vie du virus.
Jusqu’à présent, le processus initial par lequel le virus parvenait à activer ses premiers gènes restait flou. L’étude révèle que la protéine virale HBx, essentielle à l’infection, ne s’active que grâce à un mécanisme particulier impliquant les nucléosomes du cccDNA. Ces structures, loin de simplement protéger l’ADN viral, faciliteraient en réalité la transcription de HBx en remodelant l’architecture chromatinienne du virus.
Les chercheurs ont démontré ce phénomène en recréant des minichromosomes viraux en laboratoire. Ils ont observé que la présence de nucléosomes est indispensable à l’expression de HBx et, par conséquent, au démarrage de l’infection. Plus intéressant encore, en utilisant le CBL137, un composé capable de perturber la structure des nucléosomes, ils ont réussi à bloquer l’infection du VHB dans des hépatocytes.
Ces résultats apportent une réponse à un mystère longtemps débattu dans la recherche sur le VHB : comment le virus parvient-il à exprimer ses premiers gènes alors que son ADN est initialement silencieux dans le noyau cellulaire ? En révélant le rôle clé des nucléosomes, cette étude ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.
La déstabilisation ciblée de la chromatine virale pourrait ainsi devenir une solution prometteuse dans le traitement des infections chroniques par le VHB, offrant l’espoir d’une alternative aux traitements actuels, souvent limités à la suppression virale sans réelle éradication.
Nouhad Ourebzani
