Une étude menée au Royaume-Uni, en Angleterre et au Pays de Galles, révèle une réalité qui dépasse largement leurs frontières : les violences verbales infligées aux enfants — cris, insultes, humiliations — peuvent laisser des séquelles mentales aussi profondes, voire plus, que les violences physiques.
En analysant les réponses de plus de 20 000 adultes interrogés entre 2012 et 2024, les chercheurs ont constaté que les personnes ayant subi des violences verbales dans l’enfance présentent 64 % de risque supplémentaire de souffrir d’un faible bien-être mental à l’âge adulte, contre 52 % pour celles ayant subi des violences physiques. Lorsque les deux formes d’abus se cumulent, les conséquences sont encore plus lourdes : près de trois fois plus de risque de mal-être mental par rapport à celles épargnées.
Certaines traces sont particulièrement marquantes : 18 % des victimes cumulant violences physiques et verbales déclarent ne jamais se sentir proches des autres, contre seulement 7,7 % chez celles n’ayant subi aucun abus.
Si l’étude montre qu’au Royaume-Uni la violence physique envers les enfants a reculé au fil des générations, la violence verbale, elle, est en hausse. Ce constat, bien que propre au contexte britannique, rejoint les conclusions de nombreuses recherches menées ailleurs dans le monde : le langage peut marquer durablement le développement psychologique de l’enfant.
Des spécialistes en neurosciences confirment que les agressions verbales répétées peuvent modifier la structure même du cerveau, fragilisant la confiance en soi et la capacité à établir des relations saines à l’âge adulte.
Le message est universel : protéger les enfants ne se limite pas à leur éviter les coups. Les mots aussi peuvent être des armes. Les auteurs de l’étude appellent à une prise de conscience collective et à des politiques éducatives qui encouragent des modes de communication respectueux, offrant aux enfants un environnement sûr et bienveillant.
Préserver la santé mentale des générations futures dépend autant des gestes que l’on évite… que des mots que l’on choisit.
Nouhad Ourebzani
