Chaque année, le 1er décembre revient comme un rappel silencieux, mais puissant. Un rappel des vies emportées, des batailles gagnées, et de celles qu’il faut encore mener. Cette Journée mondiale du sida n’est pas seulement un rendez-vous sur le calendrier : c’est un moment où l’on s’arrête, où l’on respire, et où l’on regarde l’humanité en face.
En 2025, l’atmosphère a quelque chose de particulier. Parce qu’on croyait — parfois à tort — que le VIH était une affaire « réglée ». Parce que les progrès des dernières décennies semblaient solides. Et puis non. Les crises sanitaires, les tensions géopolitiques, les reculs budgétaires, les systèmes de santé sous pression… Tout cela a fragilisé des avancées que l’on pensait acquises.
Cette année, l’OMS a choisi un thème clair comme un constat : « Overcoming disruption, transforming the AIDS response ». En d’autres termes : reconnaître que le monde a été secoué, que les disruptions ont bousculé la lutte contre le VIH, et que si l’on veut éviter de retourner en arrière, il faut transformer notre manière d’agir.
Concrètement, comment l’OMS marque-t-elle cette journée ?
Avec sobriété, mais avec intensité. À Genève, un événement rassemble des responsables internationaux, des soignants, des chercheurs, mais surtout des personnes vivant avec le VIH, celles qui portent la lutte au quotidien. Pas de mise en scène spectaculaire — ce n’est pas le jour. Plutôt des témoignages, des voix qui disent les difficultés, mais aussi les victoires, petites ou grandes. L’événement est retransmis en direct, pour toucher celles et ceux qui, à travers le monde, affrontent la maladie, parfois dans le silence.
L’OMS met en avant un message essentiel : intégrer les services VIH dans les soins de santé de base, pour que chacun puisse accéder au dépistage, à la prévention, aux traitements, sans obstacles, sans discriminations. Car les chiffres sont là : des millions de personnes vivent encore avec le VIH, et de nouvelles infections surviennent chaque année, souvent dans les populations les plus vulnérables, les plus marginalisées, les plus oubliées.
En 2025, la stigmatisation reste un ennemi aussi puissant que le virus. Elle enferme, elle isole, elle empêche de se soigner. Et cette journée est aussi faite pour cela : rappeler que la lutte contre le VIH, c’est d’abord une lutte pour la dignité.
Alors oui, aujourd’hui, le monde s’arrête quelques instants.
Pour se souvenir.
Pour dire que rien n’est jamais acquis.
Pour affirmer que chaque personne vivant avec le VIH mérite respect, soins, protection, et avenir.
Et pour répéter, encore et encore, qu’on ne vaincra l’épidémie que par la solidarité, la science, la vérité et le courage — celui des malades, celui des soignants, celui des communautés, et celui de tous ceux qui refusent que cette lutte tombe dans l’oubli.
Nora S.
