Santé du foie : l’acide folique, un bouclier face aux risques environnementaux

Une étude récente menée par l’Icahn School of Medicine du Mount Sinai révèle les dangers des expositions prénatales aux produits chimiques environnementaux, notamment pour la santé du foie des mères et des nouveau-nés. Toutefois, les chercheurs mettent en lumière un espoir : l’apport en acide folique et en vitamines B pourrait atténuer ces risques.

L’impact des produits chimiques sur la santé hépatique

Publiée dans le Journal of Hepatology, l’étude a analysé les effets des mélanges chimiques perturbateurs du métabolisme sur des couples mère-enfant issus d’une population mexicaine. Les résultats montrent une augmentation des lésions hépatiques et de la stéatose (accumulation de graisses dans le foie), particulièrement chez les enfants exposés in utero à des polluants tels que les pesticides, les phtalates et les polluants atmosphériques. Ces résultats s’inscrivent dans un contexte mondial marqué par une recrudescence des maladies hépatiques liées à des facteurs environnementaux et alimentaires.

Selon le Dr Dania Valvi, directrice de l’étude, « cette recherche souligne que les expositions environnementales, associées à des facteurs alimentaires et génétiques, jouent un rôle déterminant dans l’épidémie mondiale de stéatose hépatique ».

L’acide folique comme facteur protecteur

Malgré ces constats alarmants, l’étude propose une piste encourageante. Une supplémentation maternelle en acide folique dépassant 600 mg par jour semble protéger le foie des enfants contre les effets délétères des produits chimiques. Par ailleurs, une concentration élevée de cobalt, un composant de la vitamine B12, pourrait renforcer cette protection.

Pour Sandra India Aldana, co-auteure de l’étude, il est crucial de combiner ces interventions nutritionnelles à des politiques visant à réduire l’usage des substances chimiques nocives. « La réduction des expositions environnementales reste essentielle pour limiter durablement les risques de lésions hépatiques », souligne-t-elle.

Les enjeux environnementaux et sanitaires

Les conclusions de l’étude résonnent avec les préoccupations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui rappelle que les expositions environnementales pendant la grossesse contribuent aux maladies chroniques chez l’enfant et augmentent les risques de mortalité infantile, notamment dans les pays en développement. L’OMS estime qu’une meilleure gestion des risques environnementaux pourrait prévenir un décès d’enfant sur quatre à l’échelle mondiale.

Une recherche pionnière sur une population vulnérable

En collaborant avec des institutions mexicaines et américaines, l’étude a exploré les effets intergénérationnels des expositions environnementales sur une population mexicaine peu étudiée, marquée par des taux croissants de maladies cardiométaboliques. Ce travail s’inscrit dans le cadre du programme PROGRESS, qui vise à mieux comprendre les liens entre environnement et santé au sein de populations historiquement marginalisées.

Vers une prévention globale

Cette étude, financée par les National Institutes of Health et le National Institute of Environmental Health Sciences, met en lumière l’importance de stratégies nutritionnelles pour protéger la santé des futures générations. Toutefois, les chercheurs insistent sur la nécessité d’une approche globale intégrant prévention, réglementation environnementale et sensibilisation.

L’Institut pour le changement climatique et la santé environnementale de Mount Sinai poursuit ses travaux pour traduire ces découvertes en solutions concrètes. À travers l’exposomique, une discipline émergente, il ambitionne de cartographier l’ensemble des expositions environnementales et leurs impacts, ouvrant la voie à une prévention de santé publique plus efficace.

Nouhad Ourebzani

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