Chaque année, les maladies non transmissibles et les troubles mentaux coûtent la vie à des millions de personnes et fragilisent les systèmes de santé. Dans un commentaire publié ce lundi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à une mobilisation multisectorielle urgente, en s’appuyant sur trois piliers essentiels : une gouvernance coordonnée, des preuves scientifiques solides et un récit renouvelé autour de ces enjeux.
Les maladies non transmissibles – cancers, maladies cardio-vasculaires, diabète, affections respiratoires chroniques – provoquent environ 43 millions de décès par an, tandis qu’un milliard de personnes vivent avec un trouble mental. Bien plus qu’un défi médical, il s’agit d’une question économique, sociale et environnementale. Selon l’OMS, les déterminants de ces pathologies vont bien au-delà du mode de vie : pauvreté, accès limité aux soins, urbanisation rapide, pollution ou pratiques commerciales nocives aggravent le problème.
Pour y répondre, l’organisation insiste sur la nécessité d’une gouvernance multisectorielle, capable de mobiliser l’éducation, l’agriculture, les finances, les transports ou encore l’environnement. Elle souligne aussi l’importance de politiques fondées sur des données fiables, élaborées avec la participation des personnes concernées. Enfin, l’OMS appelle à redéfinir le récit autour des maladies chroniques et de la santé mentale, en montrant qu’elles ne relèvent pas uniquement du champ médical mais conditionnent aussi la justice sociale, la croissance économique et la durabilité.
Certains pays ont déjà adopté des approches intégrées. En Tanzanie, la coordination nationale des maladies chroniques relève directement du Premier ministre. En Finlande, un conseil consultatif regroupe plusieurs ministères pour lutter contre l’obésité. Le Canada a, de son côté, intégré des indicateurs de qualité de vie dans sa planification budgétaire fédérale.
À l’approche de la 4ᵉ réunion de haut niveau de l’ONU sur les maladies non transmissibles et la santé mentale, prévue en 2026, l’OMS exhorte les États à accélérer la mise en place de plans opérationnels. L’objectif est clair : réduire le fardeau sanitaire et économique de ces pathologies d’ici 2030. « L’inaction n’est plus une option », conclut l’organisation.
Tinhinane B
