La biologiste et doctorante Marwa Airèche s’est vue décerner la première place de la deuxième édition du « Prix du Président de la République pour le chercheur innovant », en reconnaissance de son projet de recherche ambitieux et novateur dans le domaine de la biotechnologie et de l’ingénierie génétique.
Inscrite en doctorat à l’École supérieure des sciences biologiques d’Oran, la jeune chercheuse s’est distinguée grâce à son projet baptisé Thermasafe, fruit d’un long parcours scientifique mené dans le cadre de ses travaux doctoraux. Ce projet repose sur le développement d’une protéine aux propriétés antimicrobiennes, capable de résister à des conditions thermiques élevées, ce qui en fait une innovation particulièrement prometteuse dans plusieurs secteurs stratégiques.
Selon les premières données issues de ses recherches, cette protéine a été soumise à une série d’expérimentations rigoureuses contre divers types de micro-organismes. Les résultats obtenus mettent en évidence son efficacité dans la lutte contre les contaminations microbiennes, notamment dans des environnements exposés à la chaleur, un défi majeur dans de nombreux processus industriels et alimentaires.
L’intérêt du projet Thermasafe réside également dans sa dimension appliquée. En effet, cette innovation pourrait être exploitée dans trois domaines clés : l’industrie, l’agroalimentaire et le secteur pharmaceutique. Dans le domaine industriel et alimentaire, cette protéine thermostable offre une solution potentielle pour limiter les risques de contamination thermique, contribuant ainsi à améliorer la qualité et la sécurité des produits.
Au-delà de son aspect scientifique, le projet de Marwa Airèche se distingue par son orientation vers l’innovation entrepreneuriale. Il s’inscrit dans une logique de valorisation des résultats de la recherche et de leur transformation en solutions concrètes au service de l’économie nationale.
La chercheuse souligne également que ce projet constitue une application concrète d’une plateforme biologique dédiée à la production de protéines en Algérie. Les travaux ont été réalisés en s’appuyant sur des technologies de pointe disponibles localement, notamment au niveau de la plateforme de génomique de l’École supérieure des sciences biologiques d’Oran. Cette infrastructure témoigne du potentiel scientifique dont dispose le pays dans le domaine des biotechnologies.
Cette distinction vient ainsi saluer non seulement l’excellence académique de la lauréate, mais aussi la capacité de la recherche algérienne à proposer des solutions innovantes répondant aux enjeux actuels. Elle met en lumière une nouvelle génération de scientifiques engagés, capables de conjuguer rigueur scientifique, créativité et vision économique.
À travers ce prix, c’est tout un écosystème de recherche qui est valorisé, avec en toile de fond l’ambition de renforcer la souveraineté scientifique et technologique de l’Algérie.
Nouhad Ourebzani
