À Sétif, l’ophtalmologie algérienne en quête d’excellence : deux jours au cœur des révolutions du regard

Sétif s’impose, les 23 et 24 avril 2026, comme l’épicentre d’une discipline en pleine mutation. À l’initiative du service d’ophtalmologie du CHU de Sétif, en partenariat avec la Faculté de médecine, les 4èmes Journées sétifiennes d’ophtalmologie réunissent à l’hôtel Renea une élite médicale autour d’un enjeu central : maîtriser les transformations rapides d’une spécialité où l’innovation redéfinit chaque jour les frontières du possible.

Dès l’ouverture, le ton est donné. L’enseignement post-universitaire du jeudi matin ne se limite pas à une remise à niveau académique : il s’inscrit dans une exigence de rigueur clinique face à des situations où chaque minute peut faire basculer le pronostic visuel. Examen ophtalmologique, œil rouge non douloureux, baisse brutale de l’acuité visuelle, traumatismes oculaires ou encore amblyopie : autant de tableaux cliniques revisités à la lumière des pratiques actuelles, dans une logique d’efficacité diagnostique et de décision rapide.

Mais c’est surtout dans les blocs thématiques de l’après-midi que se révèle la profondeur des mutations à l’œuvre. La chirurgie réfractive, d’abord, s’impose comme un terrain d’innovation permanente. Derrière les discussions sur ses indications et ses limites, se dessine une médecine de précision, où des outils comme l’aberrométrie ou la densitométrie cornéenne deviennent indispensables pour affiner les résultats et réduire les marges d’erreur. La question des implants phaques, tout comme celle de la gestion des complications, témoigne d’une discipline qui cherche à concilier performance technologique et sécurité du patient.

La chirurgie de la cataracte, quant à elle, n’échappe pas à cette dynamique. Longtemps considérée comme standardisée, elle révèle ici toute sa complexité : prise en charge des cas post-traumatiques, optimisation des implants prémiums, défis posés par le diabète ou encore maîtrise de techniques avancées comme le “double rhexis”. À travers ces échanges, une réalité s’impose : la cataracte n’est plus une simple intervention de routine, mais un champ d’expertise où chaque détail compte.

En fin de journée, les inflammations oculaires replacent l’ophtalmologie dans une perspective plus globale. Uvéites, glaucomes inflammatoires, sarcoïdose, maladie de Behçet : autant de pathologies qui dépassent le cadre strict de l’œil pour interroger la coordination entre spécialités. Ici, le regard devient symptôme, et le diagnostic, un exercice de transversalité médicale.

En parallèle, les sessions dédiées au glaucome et au strabisme illustrent l’importance d’une spécialisation accrue. De la gonioscopie à l’OCT papillaire, des indications chirurgicales du strabisme aux solutions optiques comme les prismes, les débats témoignent d’une volonté de précision et d’adaptation aux réalités cliniques.

La journée du vendredi ouvre, quant à elle, un espace plus libre mais tout aussi stratégique. Les communications présentées traduisent la diversité des défis rencontrés sur le terrain : décollement de rétine, rétinopathie diabétique, rétinopathie des prématurés, mélanome uvéal ou encore complications orbitaires d’origine ORL. À travers ces cas, c’est toute la complexité de la pratique quotidienne qui se donne à voir, entre urgence, technicité et incertitude.

Au-delà de la densité du programme, ces Journées sétifiennes révèlent une ambition plus large : structurer une communauté scientifique capable de produire, partager et actualiser le savoir dans un contexte médical en constante évolution. À Sétif, l’ophtalmologie ne se contente plus de suivre les standards internationaux — elle cherche désormais à les intégrer, les adapter et, à terme, à y contribuer.

Tinhinane B

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