En marge du Symposium de lancement de deux nouvelles insulines par les Laboratoires Biocare Biotech, le directeur général du groupe Biocare, Abdelkader Amraoui s’est dit « fier de lancer aujourd’hui la deuxième préparation d’insuline, précédemment sous monopole, dont la facture d’importation de l’Algérie dépassait 450 millions d’euros par an », ajoutant que « grâce aux compétences de la main-d’œuvre algérienne, nous avons produit en 2013 la glargine, atteignant une autosatisfaction de 100 %, alors que l’importation de cette matière coûtait 120 millions d’euros. Nous avons ainsi contribué à réduire la facture d’importation de plus de 60 %, tout en maintenant un stock de 600 000 boîtes de 5 stylos ». Tout en annonçant que « le produit sera disponible dès la semaine prochaine en quantité suffisante », le premier responsable du groupe a encore précisé que « les capacités de notre usine de production d’insuline couvrent les trois quarts des besoins du marché » et que l’objectif fixé « est de produire 1 million de boîtes de 5 stylos d’ici la fin de l’année, et en 2025, nous comptons répondre à l’ensemble des besoins du marché ».
Mr Amraoui a indiqué, par ailleurs, que Biocare Biotech compte aller vers l’exportation du produit à partir du mois d’octobre prochain. « Nous commencerons l’exportation d’insuline vers plusieurs pays arabes (Arabie Saoudite, Irak, Yémen, Tunisie, Libye) et africains, en grande quantité », a-t-il affirmé.
Au cours de cet entretien accordé à Esseha.dz, Abdelkader Amraoui a encore fait savoir que « d’ici 2025, nous prévoyons de couvrir tous les besoins nationaux en aspart (bio rapid et bio mix), dont la facture d’importation s’élevait à environ 220 millions d’euros », notant par ailleurs que « c’est une fierté pour l’Algérie ». Il a, à ce titre, tenu à « remercier le ministère de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, sous la direction du ministre Ali Aoun, ainsi que l’Agence nationale des Produits Pharmaceutiques (ANPP) pour leur soutien technique. Grâce à ces efforts, depuis la fin de l’année 2023 et tout au long de 2024, les patients algériens utilisent l’insuline produite localement ».
En tant que gestionnaire, soucieux d’apporter une valeur ajoutée à l’économie nationale, le directeur général de Biocare a annoncé qu’« avant la fin du trimestre 2025, nous produirons tous les types d’insuline, ce qui bénéficiera à l’Algérie et contribuera à réduire la facture d’importation. Notre objectif est que, d’ici fin 2025, la valeur des exportations se situe autour de 50 millions d’euros ».
Pour ce qui est des investissements, l’intervenant a annoncé « le lancement d’une nouvelle usine de production d’insuline, dont la capacité sera le double de l’actuelle, ainsi que la production de toutes sortes d’hormones de croissance ». Selon lui, « 450 000 doses ont été produites en avril dernier pour répondre à une demande pressante du ministère de l’Industrie et de la Production Pharmaceutique », à ceci s’ajoute le « maintien d’un stock de sécurité ». « Le coût de l’investissement pour cette nouvelle usine s’élève à 60 millions d’euros, et elle sera opérationnelle dans un délai court », a-t-il révélé et d’ajouter : « ainsi, l’Algérie sera indépendante que ce soit pour l’insuline ou les hormones de croissance ».
Enfin, Mr Amraoui a souligné que son groupe consacre « 10 % du chiffre d’affaires à la formation et au transfert de technologie vers l’Algérie ». Pour conclure, il a tenu à « remercier le président de la République pour son soutien considérable à la production nationale, en particulier dans le domaine pharmaceutique, qui n’est pas une tâche facile ».
Hassina Amrouni
