Une nuit perturbée par des détonations répétées ne se termine pas forcément au moment où les pétards cessent. Pour certains professionnels, les conséquences peuvent se prolonger le lendemain matin. C’est notamment le cas des chauffeurs de bus, de poids lourds et d’autres conducteurs qui doivent prendre la route après plusieurs heures de sommeil interrompu.
La conduite professionnelle exige une attention permanente. Le chauffeur doit surveiller la circulation, anticiper les comportements des autres usagers, respecter les distances de sécurité et être capable de réagir rapidement lorsqu’une situation dangereuse apparaît.
Or, le manque de sommeil et la fatigue peuvent diminuer la vigilance, ralentir les réactions et favoriser les erreurs d’attention. Une personne réveillée plusieurs fois au cours de la nuit peut commencer sa journée avec une dette de sommeil importante, même si elle a passé plusieurs heures au lit.
Pour un conducteur de bus transportant des passagers ou pour le chauffeur d’un camion effectuant un long trajet, cette fatigue ne concerne donc pas uniquement sa propre sécurité. Elle peut également avoir des conséquences pour les personnes qui partagent la route avec lui et, dans le cas des transports collectifs, pour l’ensemble des voyageurs.
Il serait toutefois scientifiquement incorrect d’attribuer automatiquement un accident à un pétard entendu la veille. Un accident de la circulation résulte généralement de plusieurs facteurs et une enquête doit déterminer précisément les causes. En revanche, il est parfaitement légitime de considérer la privation ou la fragmentation du sommeil comme un facteur de risque connu pour la conduite.
C’est là que se trouve la responsabilité indirecte de ceux qui utilisent des pétards pendant une grande partie de la nuit. Leur geste peut sembler limité à quelques secondes, mais lorsqu’il est répété des dizaines de fois et qu’il empêche un voisin de dormir, ses conséquences peuvent se prolonger jusqu’au lendemain.
Imagine-t-on un chauffeur qui doit quitter la ville à l’aube pour parcourir plusieurs centaines de kilomètres après avoir été réveillé toute la nuit ? Imagine-t-on un conducteur de bus qui doit transporter des dizaines de passagers alors qu’il n’a pas bénéficié d’un sommeil suffisamment réparateur ? La question mérite d’être posée, car la sécurité routière commence aussi par la prévention de la fatigue.
À la veille du Mawlid Ennabaoui, le message est donc simple : quelques secondes de plaisir sonore ne doivent pas compromettre la sécurité de ceux qui prendront la route le lendemain. Respecter le sommeil des chauffeurs professionnels, c’est aussi contribuer indirectement à protéger les voyageurs, les automobilistes et tous les usagers de la route.
La célébration peut être joyeuse sans que la nuit entière devienne un concert de détonations. Dans l’espace public comme dans les quartiers résidentiels, le respect du sommeil des autres est également une question de sécurité collective.
Nora S.
