Le 5ᵉ Congrès international de l’AADSML met la preuve scientifique au cœur de la médecine légale

 

Alger s’apprête à accueillir, les 25 et 26 novembre 2026 à l’Hôtel El Aurassi, le 5e Congrès international de l’Académie algérienne pour le développement des sciences médico-légales (AADSML), organisé en collaboration avec le Laboratoire d’anthropologie médico-légale. Placée sous le thème « Scientific Evidence in Forensic Medicine », cette rencontre scientifique réunira des spécialistes algériens et internationaux autour d’un enjeu central : renforcer la place de la preuve scientifique dans la médecine légale et, au-delà, dans le processus judiciaire.

Présidé par le professeur Rachid Belhadj, président-fondateur de l’AADSML et professeur de médecine légale, le congrès se veut un espace d’échange entre les différentes disciplines impliquées dans l’établissement de la vérité judiciaire. Médecins légistes, universitaires, chercheurs et experts confronteront leurs expériences sur les évolutions scientifiques, technologiques, juridiques et éthiques qui transforment aujourd’hui les sciences médico-légales.

La programmation met notamment en avant la diversité des compétences réunies au sein de la communauté médico-légale algérienne. Les questions de déontologie, d’éthique médicale et de protection des personnes vulnérables seront abordées par les professeurs Keltoum Messahli et Salim Boumeslout. La responsabilité médicale, le secret professionnel et les relations entre médecine et droit seront également au centre des travaux avec le professeur Saadia Benkobbi.

L’imagerie médico-légale occupera une place importante dans les échanges. Le professeur Khaled Doubali apportera son expertise dans le domaine de la tomodensitométrie médico-légale et de la thanatologie, illustrant la place croissante des technologies d’imagerie dans les investigations médico-légales et l’étude des décès.

Les problématiques liées aux morts violentes, aux homicides et aux violences conjugales seront également abordées. Le professeur Youcef Mellouki consacrera ses travaux à l’analyse médico-légale de ces situations, tandis que les questions relatives à la législation sanitaire et à la pratique de la médecine légale seront notamment développées par le professeur Atika Cherouat.

La protection de l’enfance constitue un autre volet important de cette programmation. Le professeur Sofiane Haroual présentera ses travaux consacrés à la détection et à l’expertise médico-légale des situations de maltraitance infantile. Cette dimension souligne le rôle de la médecine légale dans la protection des personnes vulnérables et dans l’accompagnement de la justice lorsqu’il s’agit de documenter scientifiquement les violences.

Le congrès ouvrira également ses travaux à des domaines plus innovants. Le professeur Abdelhamid Belloum s’intéressera ainsi à l’entomologie médico-légale et à l’utilisation de réseaux de neurones artificiels dans l’estimation de l’intervalle post-mortem. L’intégration de l’intelligence artificielle dans les sciences forensiques témoigne de l’évolution rapide des méthodes scientifiques utilisées pour répondre aux questions posées par les enquêtes judiciaires.

La formation et la pédagogie médicale ne seront pas en reste. Les professeurs Dalila Laidaoui et Souhila Laribi figurent également parmi les intervenants algériens annoncés. Leurs contributions s’inscrivent dans une réflexion plus large sur la formation des médecins légistes, l’éthique et l’organisation de la spécialité. Le professeur Mohamed Amine Boumelik apportera, pour sa part, son expérience de la pratique médico-légale et des expertises judiciaires.

Au-delà de la participation algérienne, le 5e Congrès international de l’AADSML entend donner une dimension internationale aux échanges. Plusieurs personnalités reconnues de la médecine légale sont annoncées parmi les keynote speakers.

Le professeur Duarte Nuno Vieira, de l’Université de Coimbra au Portugal, figure ainsi parmi les invités internationaux. Spécialiste de médecine légale et de sciences forensiques, il apportera son expérience internationale aux discussions consacrées à la preuve scientifique.

L’Égypte sera représentée notamment par les professeurs Dina A. Shokry et Shereen S. Ghaleb. La professeure Dina A. Shokry, engagée dans les instances arabes et internationales de médecine légale et de toxicologie, participera aux échanges autour des enjeux contemporains de la discipline. La professeure Shereen S. Ghaleb, professeure à l’Université du Caire, apportera également son expertise aux travaux du congrès.

La Tunisie sera représentée par le professeur Nidhal Haj Salem, spécialiste de médecine et d’anthropologie médico-légales. Sa participation contribuera à renforcer les échanges maghrébins dans un domaine où la coopération scientifique et le partage des expériences revêtent une importance particulière.

À travers cette programmation, le congrès d’Alger entend ainsi dépasser le cadre d’une simple rencontre académique. La question de la preuve scientifique se trouve au cœur de la relation entre médecine légale et justice : identifier, documenter, interpréter et présenter des éléments scientifiques fiables constitue une étape essentielle dans la manifestation de la vérité judiciaire.

Les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle, l’imagerie, l’anthropologie, l’entomologie, mais aussi le droit médical, l’éthique et la protection des personnes vulnérables seront ainsi réunis autour d’une même exigence : garantir une expertise médico-légale fondée sur la rigueur scientifique.

Avec pour mot d’ordre « La vérité par la science, l’excellence médico-légale pour la justice », le 5e Congrès international de l’AADSML se présente comme un rendez-vous majeur pour la médecine légale en Algérie. Il devrait également offrir une occasion de renforcer les collaborations scientifiques régionales et internationales et de contribuer à l’évolution des pratiques médico-légales au service de la justice et de la dignité humaine.

Nouhad Ourebzani 

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