Lors du congrès de la Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT), qui s’est tenu au Palais des Congrès de Paris, des experts algériens ont partagé des résultats prometteurs dans la prise en charge des pathologies musculo-squelettiques fréquentes. Parmi les interventions marquantes, celles du Dr Hadia Houari, maître assistante en chirurgie orthopédique au sein du service du Pr Yakoubi à l’hôpital de Ben Aknoun et membre de la Société Algérienne de Génie des Hanches et des Arthroplasties (SAGHA), ont mis en lumière des avancées significatives dans le traitement des fractures pertrochantériennes et des ruptures du tendon d’Achille.
Fractures pertrochantériennes : le choix du clou PFNA confirmé
Les fractures pertrochantériennes, fréquentes chez les personnes âgées, nécessitent des interventions rapides et efficaces pour minimiser les complications postopératoires. Le Dr Houari a présenté les résultats d’une étude rétrospective comparant deux techniques : la vis plaque dynamique (DHS) et le clou fémoral proximal antérograde (PFNA). Basée sur 180 patients hospitalisés entre 2016 et 2023, cette étude a mis en avant les avantages du PFNA, notamment une moindre perte sanguine, un temps opératoire réduit et une reprise de la marche plus rapide (21 jours en moyenne contre 25 jours pour la DHS).
Malgré une exposition accrue aux rayons X pendant la chirurgie, le clou PFNA s’est révélé plus efficace, particulièrement chez les patients âgés et ostéoporotiques. Ces résultats confirment les données de la littérature médicale, faisant de cette technique une solution de choix pour les chirurgiens orthopédistes confrontés à ce type de fractures.
Ruptures du tendon d’Achille : la ténorraphie percutanée en vedette

En parallèle, le Dr Houari a également présenté un poster scientifique consacré à la prise en charge des ruptures sous-cutanées du tendon calcanéen, l’une des lésions les plus fréquentes en pathologie sportive. Cette étude rétrospective, menée entre avril 2018 et juin 2023, portait sur 56 patients, principalement des hommes âgés en moyenne de 40 ans, dont 62 % ont été blessés lors d’activités sportives.
Le diagnostic, évident cliniquement, était confirmé par radiographie et échographie. Tous les patients ont bénéficié d’une ténorraphie percutanée, une technique mini-invasive qui combine les avantages de la chirurgie traditionnelle et du traitement conservateur. Les résultats étaient très encourageants : une reprise des activités professionnelles au bout de 90 jours en moyenne, un retour aux activités sportives à six mois et un état cutané local jugé excellent dans la majorité des cas.
Malgré deux complications mineures – un cas de sepsis traité par antibiothérapie et une rupture secondaire – cette méthode s’est distinguée par sa simplicité, son coût réduit et son efficacité. En plus de ses résultats fonctionnels équivalents à ceux de la chirurgie conventionnelle, elle présente un avantage esthétique significatif, sans complications cutanées majeures.
Avancées chirurgicales et perspectives en Algérie
En conclusion, ces deux contributions illustrent l’expertise croissante des chirurgiens orthopédistes algériens et leur capacité à intégrer des techniques modernes dans la prise en charge des pathologies complexes. Selon le Dr Houari, ces méthodes, qu’il s’agisse du clou PFNA ou de la ténorraphie percutanée, offrent des résultats solides et fiables tout en limitant les complications, une avancée particulièrement précieuse pour un système de santé confronté à des contraintes économiques et logistiques.
Les échanges lors de ce congrès ont permis de partager ces expériences et d’enrichir les pratiques des professionnels, confirmant ainsi l’importance de la coopération internationale dans le domaine de la chirurgie orthopédique.
Nouhad Ourebzani
