Une étude internationale majeure, publiée dans Nature le 30 avril 2025, redessine notre compréhension de l’évolution mondiale des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). En analysant les données de 522 études de population menées dans 82 régions entre 1920 et 2024, les chercheurs proposent pour la première fois un modèle en quatre étapes épidémiologiques.
Ces étapes, observées ou anticipées, retracent le parcours d’une région face à la MICI :
• Émergence : incidence et prévalence très faibles, souvent dans les pays à faible revenu.
• Accélération : hausse rapide des nouveaux cas avec l’industrialisation, alors que la prévalence reste limitée.
• Accumulation : incidence qui ralentit mais prévalence qui grimpe, portée par une meilleure survie des patients.
• Équilibre (phase théorique) : stabilisation de la prévalence, lorsque les décès compensent les nouveaux cas.
Cette typologie, inédite, démontre que la MICI n’est plus l’apanage des pays industrialisés : elle gagne rapidement l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine. Pour les auteurs, comprendre à quel stade se trouve chaque région permet d’anticiper le fardeau sanitaire futur et d’ajuster les politiques publiques, qu’il s’agisse d’investir dans les infrastructures hospitalières, de renforcer la recherche ou de former des spécialistes.
La dernière phase, encore jamais observée, intrigue particulièrement : elle soulève la question du vieillissement des populations atteintes et de l’impact que cela pourrait avoir sur les systèmes de santé.
En replaçant la MICI dans une dynamique mondiale et temporelle, cette étude offre aux décideurs un outil stratégique pour mieux cibler prévention, soins et recherche. Une avancée qui pourrait transformer la manière dont les pays préparent leur réponse à ces maladies chroniques.
Nouhad Ourebzani
