Modernisation hospitalière : l’EHU 1er Novembre d’Oran présente ses résultats

 

Trois années après la pandémie de la COVID19, l’établissement hospitalier du 1er Novembre a choisi d’ouvrir un large chantier d’évaluation et de réflexion en organisant un colloque national et arabe dédié à l’analyse de ses performances et à la mise en perspective de ses évolutions. Cette rencontre, qui a réuni des spécialistes algériens et arabes de plusieurs disciplines, a servi de cadre pour dresser un bilan global des services médicaux, tout en explorant les nouvelles orientations adoptées par l’hôpital dans un contexte post-pandémique.

Plutôt que de se limiter à un simple retour d’expérience, le colloque a été conçu comme un espace de projection vers l’avenir. Les travaux ont porté sur la réorganisation interne de l’hôpital, l’efficacité du système des pôles médicaux, la fluidité des parcours de soins et la capacité de l’établissement à réduire les délais d’attente, tout en garantissant une meilleure qualité de prise en charge des patients. La rencontre a également permis de mettre en avant l’importance de l’intégration des nouvelles technologies et du numérique dans la modernisation du service public hospitalier.

Au cœur des discussions, le système des pôles médicaux a occupé une place centrale. Selon le professeur Bar Rabah, directeur général de l’établissement, ce modèle organisationnel, adopté parmi les premiers à l’échelle nationale, a profondément transformé le fonctionnement de l’hôpital. Il a expliqué que l’évaluation de ces pôles s’effectue à deux moments clés de l’année, avant la période estivale et à la fin de l’exercice, afin de mesurer leur efficacité, la coordination des équipes et l’impact réel sur la qualité des soins. Cette approche, a-t-il précisé, permet d’ajuster en permanence les méthodes de travail et d’optimiser l’utilisation des ressources médicales.

Les indicateurs de performance présentés lors du colloque témoignent, selon la direction, d’une évolution positive. Le taux de réussite des interventions médicales complexes avoisine désormais les 90 %, un résultat qui reflète le niveau de compétence des équipes soignantes et les efforts consentis pour améliorer l’environnement technique et organisationnel. Dans cette dynamique, la transformation numérique s’impose comme un levier stratégique, avec l’introduction progressive de l’intelligence artificielle dans les processus de diagnostic et de suivi des patients, contribuant à une meilleure gestion des dossiers et à une réduction significative des délais d’attente.

La dimension scientifique et académique de la rencontre a été renforcée par les contributions des chefs de service et des experts invités. Le professeur Mamouni Chafika, cheffe du service de gastro-entérologie et d’hépatologie et présidente du colloque, a souligné que les travaux se sont structurés autour de deux axes complémentaires : l’évaluation rétrospective des activités médicales sur les trois dernières années et l’amélioration qualitative des services offerts aux citoyens. Elle a estimé que la période post-Covid a été marquée par une véritable mutation dans la qualité des soins, tant sur le plan des pratiques médicales que de l’organisation interne.

Parallèlement, les avancées technologiques dans le domaine des actes médicaux spécialisés ont été largement abordées. Le professeur Abedellah Laibi, chef du service de gastro-entérologie et président de l’Association arabe saoudienne des endoscopies médicales, a mis en avant le rôle croissant des techniques endoscopiques dans le diagnostic et le traitement. Il a rappelé que ces méthodes, moins invasives et plus économiques, constituent aujourd’hui un pilier essentiel de la médecine moderne, appelant à une adoption continue des technologies les plus récentes afin d’améliorer les résultats thérapeutiques et le confort des patients.

À travers ce colloque, l’établissement hospitalier du 1er Novembre a ainsi affirmé sa volonté de s’inscrire dans une dynamique d’évaluation permanente, d’innovation et d’ouverture sur son environnement national et arabe. Une démarche qui traduit l’ambition de consolider un modèle hospitalier plus performant, centré sur le patient et adapté aux défis actuels du système de santé.

Nouhad Ourebzani 

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