L’Institut national de santé publique (INSP) a publié son rapport sur la situation épidémiologique de la tuberculose en Algérie pour l’année 2025, faisant état d’une poursuite du recul de la maladie à l’échelle nationale. Selon les données officielles, 18 617 cas de tuberculose toutes formes confondues ont été déclarés en 2025, correspondant à une incidence de 38,79 cas pour 100 000 habitants, contre 39,88 cas pour 100 000 habitants en 2024, soit une baisse de 2,7 % pour la troisième année consécutive.
Le rapport précise que les cas recensés se répartissent entre 5 010 cas de tuberculose pulmonaire (26,9 %), 13 441 cas de tuberculose extra-pulmonaire (72,2 %), 135 cas présentant une double localisation pulmonaire et extra-pulmonaire (0,7 %) et 31 cas non précisés (0,2 %). Le sex-ratio demeure stable à 0,8 par rapport à l’année précédente.
La répartition géographique montre que la région du Tell concentre la plus grande charge de morbidité avec 11 780 cas, soit 63,3 % de l’ensemble des notifications nationales, pour une incidence de 45,42 cas pour 100 000 habitants. Les Hauts Plateaux enregistrent 6 055 cas (32,5 %) avec une incidence de 35,44 cas pour 100 000 habitants, tandis que le Sud totalise 782 cas (4,2 %) et une incidence de 15,71 cas pour 100 000 habitants.
Parmi les wilayas, Médéa affiche l’incidence la plus élevée du pays avec 103,87 cas pour 100 000 habitants, devant Blida (77,59), Bordj Bou Arreridj (71,27), Saïda (66,82), Sétif (58,98) et Aïn Defla (58,27). À l’inverse, Tizi Ouzou présente l’incidence la plus faible dans la région du Tell avec 28,91 cas pour 100 000 habitants.
En termes de régions sanitaires, le Centre arrive en tête avec 7 801 cas, soit 41,9 % du total national, pour une incidence de 45,55 cas pour 100 000 habitants. L’Est suit avec 5 176 cas (27,8 %) et une incidence de 36,37, tandis que l’Ouest enregistre 4 469 cas (24 %), mais présente l’incidence régionale la plus élevée du pays avec 46,07 cas pour 100 000 habitants. Les régions du Sud-Est et du Sud-Ouest comptabilisent respectivement 809 et 362 cas, avec des incidences de 16,45 et 17,89 cas pour 100 000 habitants.
L’analyse par âge met en évidence une faible transmission chez les jeunes enfants. L’incidence est de 6,53 cas pour 100 000 habitants chez les enfants de 0 à 4 ans et de 17,10 chez ceux âgés de 5 à 14 ans. En revanche, elle augmente nettement à partir de 15 ans, atteignant 48,05 cas pour 100 000 habitants chez les 15-24 ans, 52,52 chez les 25-34 ans et culminant à 56,97 cas pour 100 000 habitants chez les personnes âgées de 65 ans et plus, traduisant une plus grande vulnérabilité de cette catégorie de population.
L’INSP souligne enfin que ces résultats confirment la poursuite de la tendance à la baisse de l’incidence nationale de la tuberculose, tout en rappelant la nécessité de maintenir les efforts de dépistage, de prise en charge et de surveillance épidémiologique afin de réduire davantage le poids de cette maladie en Algérie.
Nouhad Ourebzani
