L’Institut Pasteur d’Algérie franchit une nouvelle étape dans le renforcement des compétences en diagnostic biologique en annonçant l’organisation de son tout premier cours de mycologie médicale. Portée par le Département de Parasitologie, à travers son Laboratoire de Mycologie Médicale, cette première édition sera consacrée aux « mycoses superficielles », des infections fongiques fréquentes mais souvent sous-estimées dans leur impact sanitaire.
Prévue du 24 au 26 mars 2026, cette formation se tiendra à l’annexe de Sidi Fredj de l’Institut, à Alger. Elle s’adresse à un public ciblé composé d’étudiants, de jeunes chercheurs et de professionnels de santé issus des secteurs public et privé, notamment des médecins, pharmaciens, biologistes et vétérinaires. Le nombre de participants a été limité à 20 apprenants afin de garantir un encadrement optimal et une meilleure interaction pédagogique.
Répondre à un besoin croissant en diagnostic mycologique
Les mycoses superficielles, causées principalement par des dermatophytes, des levures et des moisissures, représentent une part importante des consultations en dermatologie et en médecine générale. Bien que rarement graves, ces infections cutanées, unguéales ou capillaires peuvent altérer significativement la qualité de vie des patients, en raison de leur caractère chronique, récidivant et parfois stigmatisant.
Dans ce contexte, le cours vise à développer les compétences diagnostiques au laboratoire, en mettant l’accent sur l’identification des principaux agents fongiques responsables de ces infections. L’objectif est de permettre aux participants de maîtriser les différentes étapes du diagnostic mycologique : qualité du prélèvement, examen direct au microscope, mise en culture et interprétation des résultats.
Selon la fiche descriptive de la formation, il s’agit également d’approfondir les connaissances en mycologie appliquée, en insistant sur la corrélation entre les données cliniques et les résultats biologiques, afin d’orienter plus efficacement la prise en charge thérapeutique.
Des objectifs pédagogiques centrés sur la pratique
À l’issue de la formation, les participants devront être capables de reconnaître la symptomatologie clinique évocatrice d’une mycose superficielle et de décrire l’aspect des lésions afin d’orienter correctement le prélèvement mycologique. Une attention particulière sera accordée à la qualité du prélèvement, considérée comme une condition essentielle à la fiabilité de l’examen.
Le programme prévoit également l’apprentissage de l’examen direct, permettant de confirmer rapidement la présence de champignons et de débuter un traitement antifongique précoce si nécessaire. La culture, complément indispensable de l’examen direct, sera abordée en détail afin de permettre l’isolement et l’identification précise de l’agent pathogène, étape déterminante lorsque le choix du traitement dépend de l’espèce identifiée.
Les participants seront enfin formés à l’identification des principaux genres et espèces d’intérêt médical les plus fréquemment impliqués dans les mycoses superficielles.
Une alternance entre théorie et travaux pratiques
La méthodologie pédagogique repose sur une alternance entre enseignement théorique et application pratique. La partie théorique comprendra une introduction à la mycologie, ainsi qu’un panorama des mycoses superficielles à champignons levuriformes et filamenteux. Les aspergilloses superficielles et les fusarioses, ainsi que d’autres mycoses dues aux moisissures, seront également abordées.
La partie pratique occupera une place centrale dans le dispositif de formation. Les apprenants réaliseront des examens directs et des ensemencements de prélèvements de squames et de cheveux. Ils seront initiés aux démarches d’identification des levures, des dermatophytes et des Aspergillus, avec une étude des aspects macroscopiques et microscopiques des principaux hyphomycètes d’intérêt médical.
Cette immersion en laboratoire vise à consolider les acquis théoriques par une mise en situation réelle, favorisant l’autonomie et la rigueur scientifique dans l’interprétation des résultats.
Modalités d’inscription et certification
Les inscriptions s’effectuent via une fiche téléchargeable en ligne, disponible sur le site web et les réseaux sociaux de l’Institut Pasteur d’Algérie. Le dossier doit comprendre une copie du diplôme ou une attestation de travail, une copie de la carte nationale d’identité ainsi qu’une photo d’identité, à joindre à la fiche d’inscription et à transmettre au Département Formation / Service Stages et Enseignements.
Au terme des trois journées, une attestation de participation sera délivrée aux apprenants ayant assisté à l’intégralité de la formation.
Avec ce premier cours de mycologie médicale, l’Institut Pasteur d’Algérie confirme sa volonté de renforcer les capacités nationales en matière de diagnostic spécialisé et d’accompagner les professionnels de santé face à des pathologies fréquentes mais exigeant une expertise technique pointue. Cette initiative pourrait ouvrir la voie à d’autres cycles de formation dédiés aux différentes branches de la mycologie médicale, dans un contexte où la maîtrise du diagnostic constitue un levier essentiel d’amélioration de la qualité des soins.
Nora S.
