Une étude récente publiée dans JAMA Network Open suggère que le syndrome des jambes sans repos (SJSR) pourrait être associé à un risque accru de maladie de Parkinson, une pathologie neurodégénérative progressive. Les chercheurs ont analysé les données de près de 20 000 adultes sud-coréens suivis entre 2002 et 2019. Parmi eux, 9 919 personnes souffrant de SJSR ont été comparées à un groupe témoin apparié sans ce syndrome.
Les résultats montrent que 1,6 % des personnes atteintes de SJSR ont développé la maladie de Parkinson, contre 1 % dans le groupe témoin. De plus, le traitement du SJSR avec des agonistes dopaminergiques, fréquemment prescrits pour soulager le syndrome, semble réduire le risque de Parkinson : seulement 0,5 % des patients traités ont développé la maladie, contre 2,1 % de ceux qui n’étaient pas traités.
Les auteurs soulignent que ces observations n’établissent pas de lien de cause à effet, mais mettent en évidence une association significative. Plusieurs hypothèses sont avancées : le SJSR pourrait être un facteur de risque, un précurseur discret de Parkinson, ou refléter des mécanismes biologiques complexes impliquant le système dopaminergique et d’autres circuits neurologiques.
Malgré certaines limites, notamment liées à la nature des données administratives et aux variations dans l’utilisation des traitements, cette étude ouvre de nouvelles pistes pour mieux surveiller l’évolution neurologique des patients souffrant de SJSR et approfondir la compréhension des mécanismes sous-jacents de la maladie de Parkinson.
Nouhad Ourebzani
