Démangeaisons persistantes, sommeil perturbé, allergies associées, retentissement psychologique : la dermatite atopique dépasse largement le cadre d’une simple affection cutanée. Le service de dermatologie du CHU Mustapha d’Alger consacre, lundi 14 septembre 2026, une journée de sensibilisation à cette maladie inflammatoire chronique, avec un objectif clair : mieux la comprendre pour mieux la prendre en charge.
La dermatite atopique est souvent réduite, dans l’imaginaire collectif, à des plaques rouges et à des démangeaisons. Pourtant, ses conséquences peuvent être beaucoup plus larges. Lorsqu’elle devient chronique ou sévère, la maladie peut perturber le sommeil, affecter les relations sociales, compliquer la vie scolaire ou professionnelle et altérer durablement la qualité de vie.
C’est cette dimension globale que le service de dermatologie du Centre hospitalo-universitaire Mustapha entend mettre en avant à l’occasion d’une journée de sensibilisation organisée lundi 14 septembre, à partir de 8 h 30, au sein de l’établissement.
La première partie de la rencontre sera consacrée aux mécanismes de la maladie. Les spécialistes reviendront notamment sur le rôle de la barrière cutanée, dont l’altération favorise l’inflammation et rend la peau plus vulnérable aux agressions extérieures. Ils aborderont également ce que les médecins appellent la « marche atopique », c’est-à-dire l’association ou la succession possible, chez certains patients, de plusieurs manifestations allergiques comme l’eczéma, les allergies alimentaires, la rhinite ou l’asthme.
La question des traitements occupera également une place importante. La prise en charge de la dermatite atopique a évolué ces dernières années, notamment pour les formes modérées à sévères. Au-delà des soins locaux et des mesures destinées à restaurer la barrière cutanée, de nouvelles options thérapeutiques permettent aujourd’hui de mieux contrôler certaines formes difficiles de la maladie.
Mais l’un des intérêts de cette journée réside surtout dans la place accordée à la vie quotidienne des patients. Une session sera consacrée à l’éducation thérapeutique, afin d’aider les personnes concernées à mieux comprendre leur maladie, à reconnaître les facteurs qui aggravent les poussées et à adopter des soins adaptés.
Les troubles du sommeil, le soutien psychologique et l’impact social seront également au programme. Des dimensions parfois sous-estimées alors que les démangeaisons nocturnes, la visibilité des lésions et la répétition des poussées peuvent peser lourdement sur le bien-être des malades, notamment chez les enfants et les adolescents.
Des échanges entre patients, familles et professionnels de santé sont prévus, ainsi que des ateliers pratiques consacrés à la routine de soins et à la gestion des démangeaisons.
À travers cette initiative, le CHU Mustapha rappelle surtout que la dermatite atopique ne se résume pas à ce que l’on voit sur la peau. Mieux la prendre en charge suppose de considérer aussi ce qu’elle provoque dans le sommeil, la vie sociale, le moral et l’autonomie du patient. C’est précisément là que se situe aujourd’hui l’un des principaux enjeux de cette maladie chronique.
Amina Azoune
