Infarctus : un quart des crises frappent des personnes en bonne santé apparente

On croit souvent que l’infarctus ne concerne que les fumeurs ou les personnes souffrant de cholestérol et d’hypertension. Pourtant, des études récentes révèlent qu’un quart des crises cardiaques surviennent chez des individus sans aucun facteur de risque apparent. Une menace silencieuse qui pousse la médecine à revoir ses certitudes.

L’idée reçue est tenace : l’infarctus serait l’apanage des gros fumeurs, des hypertendus ou des personnes au cholestérol trop élevé. La réalité est plus troublante. Une étude clinique réalisée en Inde sur plus de 2 300 patients hospitalisés pour crise cardiaque a montré que 25 % d’entre eux n’avaient aucun facteur de risque classique. Ni tabac, ni diabète, ni excès de cholestérol, ni tension artérielle élevée.

Même s’il s’agit d’un échantillon précis, d’autres recherches vont dans le même sens. En Australie, la part des infarctus touchant des personnes « sans risque connu » est passée de 11 % à 27 % en moins de dix ans. En Europe aussi, de grandes cohortes suivies sur le long terme confirment que les infarctus ne frappent pas uniquement les profils les plus vulnérables.

Comment expliquer ce paradoxe ? Les spécialistes désignent désormais un ennemi invisible : l’inflammation chronique. Cette réaction silencieuse de l’organisme, parfois liée au stress, à la sédentarité, à une mauvaise alimentation ou à un sommeil perturbé, fragilise peu à peu les artères. Résultat : même sans cholestérol élevé ni hypertension, le cœur peut céder.

La recherche ouvre de nouvelles perspectives : certains traitements ciblant l’inflammation montrent déjà qu’ils réduisent le risque de crise cardiaque. Mais la prévention quotidienne reste la meilleure arme. Activité physique régulière, gestion du stress, sommeil de qualité, alimentation équilibrée : autant de gestes simples qui contribuent à protéger son cœur.

Car une vérité s’impose désormais : l’infarctus n’est pas seulement l’affaire des profils “à risque”. Il peut frapper des personnes en parfaite santé apparente. Et c’est précisément ce qui en fait l’un des ennemis les plus redoutables de notre époque.

Ouiza Lataman

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