La sclérose en plaque progresse en Algérie : La Kabylie et le Sétifois, les régions les plus touchées

C’est le 30 mai, la journée mondiale de la sclérose en plaques, une maladie décrite pour la première fois en 1868 par un neurologue français et qui touche actuellement plus de 2 millions de personnes dans le monde. Une occasion pour rappeler que l’Algérie enregistre 30 nouveaux cas pour chaque 100 000 habitants. Pr Fekraoui, chef de service au CHU Ben Badis de Constantine, affirmait, il y a quelques jours, sur les ondes de radio Constantine que , dans notre pays, 40 000 patients atteints de SEP sont enregistrés chaque année.

Les spécialistes qui suivent de près l’évolution de la sclérose en plaques en Algérie indiquent les catégories les plus touchées par cette maladie se situent entre 20 et 40 ans et que les femmes sont les plus touchées par rapport aux hommes.

« La sclérose en plaques est de plus en plus fréquente dans les régions nord du pays précisément en Kabylie en allant vers le Sétifois à cause de la présence de certains facteurs environnementaux plutôt favorables à son développement », alertait en 2016 le Pr Smail Daoudi, chef de service Neurologie au CHU Neddir Mohamed de Tizi Ouzou.

« L’Algérie dispose pratiquement de toutes les molécules injectables développées par la médecine moderne dans le but de freiner son évolution en attendant un traitement qui apportera la guérison définitive », notait Pr Daoudi.

Les associations défendant le droit des malades à une meilleure prise en charge ne cessent d’alerter sur l’absence de kinésithérapeutes spécialisés dans la rééducation dédiée aux gens atteints d’handicaps moteur induit par la SEP. Elles réclament également la mise à disposition de médicaments à prise orale car les injections deviennent, à la longue, peu réconfortantes. Ainsi, Smail Kenzoua, président de la fédération nationale des malades atteints de sclérose en plaques, a lancé un appel pressant, via notre journal esseha.dz, au ministère de la santé et à celui de l’industrie pharmaceutique pour acquérir rapidement les nouvelles molécules qui apporteront du confort au malades et qui retarderont ou éviteront la progression de la maladie vers le stade de le handicap moteur qui obligera le patient à se clouer à une chaise roulante. « Les traitements existent dans le monde entier », précise Dr Kenzoua.

Au début de l’année 2020, rappelons-le, les laboratoires Hikma avaient lancé sur le marché algérien le Diméthyl Fumarate, ou le Marovarex, qui est un traitement par voie orale de la sclérose en plaques. Une molécule, faut-il le préciser, qui a été révélée au monde en 2013 et qui, sous forme de gélules, apporte confort et qualité de vie aux patients, d’où sa pertinence, assurent les spécialistes.

Lors de son lancement en Algérie, les Laboratoires Hikma avait diffusé un communiqué où ils soulignaient que « jusque-là, les patients algériens ont eu à leur disposition des médicaments importés qui se prennent uniquement par voie injectable de manière chronique ce qui engendre, à la longue, des complications et des souffrances pour les malades ». « Ce médicament, contrairement aux traitements classiques, réduit le nombre de poussées par an », précisait le groupe pharmaceutique international qui avait injecté 20 millions de dollars dans ses lignes de production en Algérie.

Ali Djaber

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