À Oran, la médecine interne face au défi des patients aux pathologies multiples

Diabète, thromboses, maladies pulmonaires et affections rares seront au cœur des 4es Journées de médecine interne du CHU d’Oran, prévues les 9 et 10 octobre 2026. Au-delà de la diversité des thèmes, le programme met en lumière une évolution majeure de la pratique hospitalière : les médecins sont de plus en plus confrontés à des patients cumulant plusieurs maladies, qui exigent des prises en charge coordonnées et moins cloisonnées.

Traiter une maladie sans perdre de vue les autres pathologies du patient est devenu l’un des défis les plus importants de la médecine hospitalière. C’est autour de cette réalité clinique que s’articulera la quatrième édition des Journées de médecine interne du CHU d’Oran, organisée les 9 et 10 octobre 2026 au Vent-Dôme Khaled Hôtel & Spa.

Le programme scientifique donne une place importante aux situations où plusieurs spécialités se croisent. Dès la première session, consacrée au poumon et à la médecine interne, les échanges porteront sur les pneumopathies interstitielles associées aux connectivites, la sclérodermie, les vascularites à ANCA, l’hypertension pulmonaire ou encore les atteintes respiratoires liées aux myopathies inflammatoires. Autant de pathologies dans lesquelles les signes pulmonaires peuvent être la manifestation d’une maladie systémique plus large.

Des spécialistes venus de plusieurs CHU algériens, ainsi que des intervenants de Tunisie et de France, participeront à ces discussions. Cette ouverture permet d’aborder les évolutions récentes du diagnostic et du traitement de maladies complexes dont la prise en charge nécessite souvent la collaboration de l’interniste avec le pneumologue, le cardiologue, le néphrologue ou encore le rhumatologue.

Le diabète constituera l’autre grand volet de ces journées, avec deux sessions consacrées à ses multiples répercussions. Le programme abordera notamment l’obésité et le risque cardiovasculaire, les atteintes hépatiques métaboliques, les nouvelles approches thérapeutiques du diabète de type 2, la grossesse chez la femme diabétique, mais aussi les complications rénales, l’hypertension artérielle, les troubles lipidiques et l’insuffisance cardiaque.

Ce choix traduit l’évolution de la prise en charge du diabète, désormais pensée bien au-delà de la seule glycémie. Chez de nombreux patients, l’enjeu consiste aussi à prévenir ou ralentir les atteintes cardiovasculaires, rénales et métaboliques qui déterminent largement le pronostic à long terme. Une communication consacrée à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le choix thérapeutique viendra également illustrer la place croissante des outils numériques dans la médecine de décision.

Les maladies rares occuperont également une place significative dans le programme, avec des communications sur les maladies auto-inflammatoires, les microangiopathies thrombotiques, les manifestations extrapulmonaires de la sarcoïdose, la cryoglobulinémie, le syndrome VEXAS et le déficit en sphingomyélinase acide. Si ces affections concernent individuellement un nombre limité de patients, elles constituent un véritable défi diagnostique, particulièrement lorsque leurs premiers signes sont peu spécifiques ou touchent plusieurs organes à la fois.

La matinée du samedi 10 octobre sera, pour sa part, consacrée aux maladies thromboemboliques. Thrombose chez les patients atteints d’un cancer actif, AVC d’origine thromboembolique, fibrillation auriculaire, maladie thromboembolique chez la personne âgée et manifestations vasculaires de la maladie de Behçet figurent parmi les sujets programmés. Cette session abordera ainsi des situations dans lesquelles l’évaluation du risque et le choix du traitement peuvent devenir particulièrement délicats.

À côté des conférences, les organisateurs ont prévu plusieurs ateliers pratiques. Néphroprotection chez le diabétique, maladie de Fabry en cardiologie, personnalisation de la stratégie thérapeutique dans le diabète de type 2, intelligence artificielle appliquée à la recherche scientifique, polygraphie du sommeil, échodoppler des artères rénales ou encore mesure ambulatoire de la pression artérielle seront notamment au menu.

Ce volet pratique donne une autre dimension à la rencontre. Il ne s’agit pas seulement de présenter les connaissances les plus récentes, mais aussi de rapprocher les recommandations scientifiques des situations rencontrées quotidiennement dans les services hospitaliers et les consultations.

À travers cette quatrième édition, les Journées de médecine interne du CHU d’Oran illustrent finalement une transformation plus large de la médecine contemporaine. Avec le vieillissement de la population, la progression des maladies chroniques et la coexistence fréquente de plusieurs pathologies chez un même patient, la médecine ne peut plus fonctionner uniquement par organes ou par spécialités séparées.

C’est précisément dans cet espace que la médecine interne retrouve toute sa place : relier les symptômes, croiser les expertises et construire une prise en charge globale lorsque la maladie ne se laisse pas enfermer dans une seule spécialité.

Tinhinane B

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