Ce jeudi matin, le Centre Hospitalo-Universitaire Mustapha d’Alger ouvre les travaux d’une journée de formation médicale continue consacrée à un thème au carrefour de la médecine dentaire et des maladies chroniques : « La maladie parodontale : un facteur de risque connu pour les maladies systémiques ». Organisé par le service de parodontologie en collaboration avec l’Université des Sciences de la Santé d’Alger, l’événement réunira durant toute la journée des spécialistes de divers horizons pour analyser l’impact global d’une pathologie longtemps cantonnée à la sphère buccale.
La séance d’ouverture, à laquelle participent les responsables du CHU Mustapha, les chefs de service et les représentants du Conseil scientifique, permettra de poser les bases d’un échange multidisciplinaire autour des enjeux de santé publique liés aux infections parodontales.
Tout au long de la matinée, les interventions mettront en lumière les passerelles entre la maladie parodontale et diverses pathologies systémiques : maladies cardiovasculaires, diabète, troubles neurodégénératifs, complications de grossesse, affections rhumatismales et respiratoires. Les Prs Meddad, Mahfoud, Lmesmous, Benkhedda ou encore Guenane viendront partager leurs travaux et leur expérience clinique, en insistant sur les mécanismes inflammatoires et les risques de bactériémie chronique liés à la parodontite.
Deux grandes sessions rythmeront cette journée. La première, en cours de lancement, est consacrée aux bases étiopathogéniques et aux complications cardiovasculaires. Elle sera suivie de présentations sur la gestion des anticoagulants, le risque athérosclérotique et les effets de la parodontite pendant la grossesse.
Après une pause en fin de matinée, la seconde session abordera les interférences entre pathologies métaboliques et buccodentaires. Sont notamment attendues des interventions sur le lien bidirectionnel entre diabète et parodontite, les effets secondaires des biphosphonates, ou encore le rôle potentiel des maladies parodontales dans la progression de la maladie d’Alzheimer.
En mettant en avant les interactions entre disciplines, cette journée s’annonce comme un plaidoyer pour une médecine plus intégrée, où la santé bucco-dentaire n’est plus perçue comme un champ isolé mais comme un indicateur essentiel de l’état général du patient. Le message est clair : traiter les gencives, c’est parfois aussi prévenir l’infarctus, équilibrer un diabète ou améliorer la santé d’une femme enceinte.
Le CHU Mustapha confirme ainsi son rôle moteur dans la formation continue et la recherche clinique appliquée, en rassemblant aujourd’hui des cliniciens et chercheurs autour d’une même conviction : la bouche est une porte d’entrée vers la santé globale.
Tinhinane B
