Les progrès réalisés dans le diagnostic et le traitement de la sclérose en plaques, de l’épilepsie et de plusieurs maladies neurologiques inflammatoires seront au centre de deux congrès scientifiques organisés les 29 et 30 octobre à Alger. Ces rencontres réuniront des spécialistes autour des nouvelles approches thérapeutiques et des défis liés à la prise en charge des patients.
La neurologie connaît depuis plusieurs années des évolutions importantes, notamment dans la compréhension des maladies auto-immunes et inflammatoires du système nerveux. L’amélioration des techniques d’imagerie, l’identification de nouveaux marqueurs biologiques et le développement de traitements ciblés ouvrent de nouvelles perspectives pour des affections longtemps difficiles à diagnostiquer ou à traiter.
Ces avancées seront au cœur du 5ᵉ Congrès national de neurologie et du 6ᵉ Congrès national d’épilepsie, organisés conjointement par la Société algérienne de neurologie (SAN) et la Ligue algérienne pour la prise en charge de l’épilepsie (LAPE), les 29 et 30 octobre 2026 à l’hôtel El Aurassi, à Alger.
La sclérose en plaques occupera une place importante dans les travaux. Cette maladie chronique, dans laquelle le système immunitaire s’attaque à des structures du système nerveux central, peut provoquer des troubles moteurs, sensitifs ou visuels, ainsi que des difficultés cognitives. Son évolution varie considérablement d’un patient à l’autre, ce qui rend particulièrement importants le diagnostic précoce et l’adaptation du traitement.
Les spécialistes examineront notamment les nouvelles recommandations internationales pour son diagnostic, à travers les critères de McDonald révisés en 2024 et publiés en 2025. Ces critères intègrent de nouveaux éléments issus de l’imagerie et des analyses biologiques, susceptibles de faciliter l’identification de la maladie dans certaines situations, tout en renforçant les exigences de précision diagnostique.
Une communication sera également consacrée à l’épidémiologie de la sclérose en plaques et aux caractéristiques des patients algériens. Les données présentées pourraient contribuer à mieux comprendre les particularités de cette affection dans le contexte national et à éclairer les besoins en matière de suivi médical.
Les encéphalites auto-immunes, maladies provoquées par une réaction anormale du système immunitaire contre le cerveau, constitueront un autre axe important des discussions. Certaines peuvent se manifester par des crises épileptiques, des troubles de la mémoire ou des modifications du comportement, rendant parfois leur reconnaissance difficile. Les échanges porteront notamment sur les moyens d’améliorer leur diagnostic et sur les conséquences cognitives pouvant persister après la phase aiguë.
Les nouvelles stratégies thérapeutiques seront également abordées à travers les maladies neuromusculaires d’origine immunitaire et d’autres affections inflammatoires du système nerveux. L’arrivée de traitements ciblés modifie progressivement les possibilités de prise en charge, même si leur utilisation dépend du diagnostic, de la situation clinique et de leur accessibilité.
L’épilepsie bénéficiera, pour sa part, de plusieurs communications consacrées aux liens entre les crises et certaines maladies neurologiques, aux troubles cognitifs associés et aux risques de complications. Un atelier portera spécifiquement sur les épilepsies pharmacorésistantes, lorsque les crises persistent malgré l’utilisation appropriée de médicaments adaptés. Cette problématique soulève notamment la question de l’accès aux évaluations spécialisées et aux différentes options thérapeutiques.
Au-delà des maladies inflammatoires, le programme prévoit des interventions sur la maladie d’Alzheimer, la migraine, la maladie de Parkinson et les accidents vasculaires cérébraux, avec une attention particulière portée aux AVC chez les sujets jeunes et à la prévention des récidives.
Si ces rencontres permettront aux spécialistes de confronter leurs connaissances aux dernières évolutions scientifiques, elles offriront également l’occasion d’interroger les conditions dans lesquelles ces progrès peuvent bénéficier aux patients en Algérie. La disponibilité des examens spécialisés, la précocité du diagnostic, l’accès aux traitements et la continuité du suivi constituent autant d’enjeux pour améliorer la prise en charge des maladies neurologiques chroniques.
Tinhinane B
