À Alger, les médias à l’école de la santé : une formation pour un journalisme éclairé et responsable

À l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, NHS Mediacom et les Laboratoires Frater Razes ont convié les journalistes algériens à une session de formation d’un genre particulier : interroger le rôle de la presse dans la diffusion de l’information sanitaire à l’ère des crises globales. Un rendez-vous essentiel, à l’heure où la vérité scientifique se heurte aux vagues d’infodémie et où le journalisme de santé peine parfois à trouver sa place dans le tumulte médiatique.

La formation, axée sur le thème « Rôle des médias dans la diffusion de l’information liée au secteur de la santé », a réuni médecins, chercheurs et professionnels de la communication autour d’un enjeu commun : renforcer les compétences des journalistes dans un domaine aussi sensible que stratégique.

Le Professeur Zoubir Sari, médecin interniste, a ouvert la réflexion avec une intervention consacrée au concept One Health — une approche intégrée qui souligne les liens étroits entre santé humaine, santé animale et environnementale. « Les médias sont des catalyseurs d’éducation sanitaire », a-t-il souligné, appelant à une mobilisation accrue pour sensibiliser le public aux risques émergents : zoonoses, résistance aux antimicrobiens, dégradation des écosystèmes… En relayant des messages clairs et pédagogiques, les journalistes deviennent des acteurs de prévention à part entière, capables d’induire des comportements responsables : vaccination, hygiène, usage raisonné des médicaments ou encore protection de la biodiversité.

Autre temps fort de cette session : la conférence du Professeur Issam Frigaa, expert en gestion des risques sanitaires et président du Conseil scientifique de l’Agence nationale du sang. Dans une présentation rigoureuse intitulée « Le rôle des médias dans les crises sanitaires : informer sans déformer », il a décortiqué les mécanismes de la communication en situation de crise, en s’appuyant sur des cas emblématiques comme l’épidémie d’Ebola, la crise du COVID-19 ou encore l’affaire du sang contaminé.

Au fil de son analyse, le Pr Frigaa a mis en lumière les réussites, les dérives et les dilemmes qui jalonnent le travail journalistique en période d’incertitude. Il a également dirigé un atelier de simulation, où les participants ont été invités à rédiger dépêches et interviews en contexte fictif, sur la base de sources validées (OMS, CDC, PubMed). Une démarche fondée sur la rigueur scientifique, loin des raccourcis sensationnalistes.

Une analyse SWOT — outil stratégique emprunté au management — a permis d’identifier les forces (réactivité, proximité), les faiblesses (manque de spécialisation), les opportunités (essor du numérique, partenariats avec les experts) et les menaces (désinformation, conflits d’intérêts) du journalisme de santé. En filigrane, une ambition claire : promouvoir une couverture médiatique à la fois indépendante, précise et accessible au plus grand nombre.

Partenaire de la formation, les Laboratoires Frater Razes ont également présenté leur trajectoire exemplaire dans l’industrie pharmaceutique nationale. Le Dr Nousseiba Lagoui a dressé le portrait d’un groupe en pleine expansion, fort de dix unités de production, couvrant quatorze aires thérapeutiques et développant pas moins de 150 produits.

En misant sur des domaines à haute valeur ajoutée — oncologie, biotechnologie, insulines à libération prolongée — Frater Razes s’impose comme un acteur clé de l’innovation thérapeutique en Algérie. Avec plus de cent nouveaux produits en développement et une présence dans 23 pays, l’entreprise affirme son ambition d’intégrer prochainement le marché européen.

Parallèlement, une nouvelle gamme de compléments alimentaires naturels, fabriqués selon les Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF), vient compléter l’offre, répondant à une demande croissante en matière de santé préventive et de bien-être.

Au-delà des interventions, cette journée de formation a offert un espace rare de dialogue entre sciences médicales et pratiques médiatiques. Dans un monde saturé d’informations et d’opinions, où la défiance envers les institutions ne cesse de croître, les journalistes sont appelés à jouer un rôle de vigie, mais aussi de pédagogue. Loin des polémiques stériles et des algorithmes des réseaux sociaux, ils peuvent — et doivent — redevenir des passeurs de savoir, au service d’une santé publique éclairée.

Tinhinane B

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