Dans une démarche marquant un tournant décisif dans la politique de lutte contre la drogue, les membres du Conseil de la Nation ont adopté à l’unanimité, ce jeudi, le projet de loi relatif à la prévention des drogues et substances psychotropes ainsi qu’à la répression de leur usage et de leur trafic illicites. Une séance solennelle présidée par M. Azouz Nasri, président du Conseil, s’est tenue en présence du ministre de la Justice, garde des Sceaux, M. Lotfi Boudjemaâ, et de la ministre chargée des Relations avec le Parlement, Mme Kaouthar Krikou.
Fruit d’un travail approfondi, ce texte législatif introduit des mécanismes innovants destinés à renforcer la protection des institutions publiques et privées contre les effets dévastateurs de la drogue. Parmi les mesures phares, figure l’obligation pour les candidats aux concours de recrutement de fournir des analyses médicales attestant de l’absence de consommation de stupéfiants ou de substances psychotropes.
La loi prévoit également l’inclusion de tests de dépistage dans les examens médicaux périodiques des élèves des établissements éducatifs, scolaires et de formation professionnelle. Cette disposition vise à détecter précocement toute forme de consommation de drogues, favorisant ainsi une intervention rapide et adaptée.
Autre nouveauté notable : le texte législatif renforce le dispositif de traçabilité des crimes liés aux stupéfiants et des flux financiers qu’ils génèrent. Plus encore, il consacre une mesure des plus strictes : la peine de mort pourra être prononcée dans les cas où un acte criminel lié à la drogue entraîne directement un décès, cause des dommages graves à la santé publique ou s’accompagne de circonstances aggravantes ayant un impact lourd sur la société.
Dans son rapport complémentaire, la Commission des affaires juridiques, administratives, des droits de l’homme, de l’organisation locale, de l’aménagement du territoire a insisté sur la nécessité de durcir la répression contre les barons de la drogue et les réseaux de contrebande. Elle recommande notamment l’application ferme de la peine capitale à leur encontre, ainsi que la généralisation des tests aléatoires obligatoires afin de dépister les cas potentiels avant même l’apparition des symptômes.
Par ce vote unanime, les membres du Conseil de la Nation traduisent une volonté politique forte de faire front face au fléau de la drogue, qui menace aussi bien la jeunesse que l’équilibre social. À travers cette loi, l’Algérie se dote d’un arsenal juridique renforcé, conjuguant prévention, répression et détection, dans une approche globale et proactive.
La lutte contre les drogues ne se limite plus à une réponse sécuritaire. Elle s’étend désormais à la sphère éducative, sociale et institutionnelle, avec un mot d’ordre : tolérance zéro envers les trafiquants, et accompagnement des victimes par des dispositifs de prévention précoce et de soins adaptés.
Nora S.
